Depuis l’été 2016 et le piratage de plus de 2 500 fichiers de l’ONG Open Society, George Soros est au cœur de plusieurs sites d’information alternatifs. Mais si l’oligarque nourrit largement le même type de presse outre-Atlantique, la France accuse un retard certain.

Pour sa part, Le Monde Afrique s’est fait l’écho à plusieurs reprises de rapports d’ONG critiques à l’encontre d’entreprises françaises, telles OXFAM contre Areva au Niger[4] ou Global Witness et un supposé commerce illégal de bois entre la France et la RDC.[5] Or, OXFAM est l’un des partenaires récurrents de l’Open Society (aux côtés, entre autres, de Transparency International et ActionAid), et l’on observe plusieurs passages d’individus d’une ONG à l’autre (cf. la biographie de Neville Gabriel par exemple[6]), sans omettre le statut de « bailleur de fonds à vie » de l’Open Society à l’égard d’OXFAM America, avec un montant de 500 000 à 999 999 $ de dons annuels jusqu’en 2015.[7] En 2016, l’ONG de Soros passa la vitesse supérieure, donnant désormais entre 1 et 4,99 millions de dollars à cette branche d’OXFAM.[8] Quant à Global Witness, ONG britannique, Soros est son plus généreux mécène (cf. notre tableau ci-dessous), une générosité qu’appuie la fondation de son fils Alexander et un autre organisme sorosien, le Revenue Watch Institute (aujourd’hui devenu le NRGI, Natural Resource Governance Institute).Pourtant, les « faits d’armes » de Soros méritent qu’on s’y arrête. Là-dessus, la presse dite « mainstream » se montre timorée, quand elle ne lui tresse pas des lauriers. Il faut dire que l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) est par exemple partenaire de la section Afrique du journal Le Monde. Celle-ci fut fondée par Serge Michel.[1] En 2005, il cofonda[2] le Bondy Blog, qui reçut 49 467 $ de l’Open Society Initiative for Europe (OSIFE), l’un des programmes de l’ONG de Soros, pour sa campagne « Pas de quartier pour les clichés ! » en 2014.[3]

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Global Witness, une puissante ONG des réseaux Soros.

Lors des élections présidentielles américaines, la presse, oublieuse des principes disposés dans sa Charte éthique de 2011, notamment qu’ « un journaliste digne de ce nom […] ne confond pas son rôle avec celui du policier ou du juge »[9], n’a nullement critiqué les dizaines de millions de dollars dépensés par George Soros en faveur d’Hillary Clinton, en particulier au travers d’ONG qu’il soutient financièrement, comme MoveOn.org. La presse est demeurée tout autant silencieuse sur l’implication de George Soros et de MoveOn.org dans la tentative de « Purple Revolution » initiée par des contestations faussement spontanées suite à l’élection de Donald Trump.

Il faut dire que, bien qu’usé jusqu’à la ficelle, la technique du coup d’Etat (rebaptisé « révolution colorée »), inspirée des méthodes de Gene Sharp (mais également de Frank Kitson), n’émeut guère tant qu’il s’agit d’un combat du Bien contre des gouvernements (rebaptisés « régimes ») jugés arbitraires ou contraires à la conception éditoriale de la démocratie. Soros finança Otpor (devenu CANVAS) en Serbie, Kmara en Géorgie, œuvra de concert avec les services de renseignement, et revendiqua même publiquement avoir joué un rôle prépondérant – via ses ONG – dans la révolution colorée ukrainienne (plus de 10 000 morts et 20 000 blessés) de 2014.[10] Silence également sur ses liens avec le président oligarque corrompu Petro Porochenko.[11] D’autres pays ont « bénéficié » de l’approche démocratique de George Soros et ont subi les mêmes coups d’Etat (« Printemps arabes », Kirghizistan, Brésil) ou du moins des tentatives (Macédoine, Arménie[12], Pologne, etc.).

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L’action de l’oligarque, que l’on trouve aussi en chef d’orchestre de la crise des migrants, ne se cantonne pas aux coups géopolitiques. Le fait qu’il travaille main dans la main avec les services de renseignement et ses vitrines (National Endowment for Democracy ou USAID) est un secret de Polichinelle. Le bureau washingtonien de l’Open Society se situe à deux pas de la Maison-Blanche. « George le Palindrome » possède une autre face, plus ancienne – mais toujours actuelle – que sa « philanthropie » : la spéculation financière. Depuis les années 1960, il travaille son activité et son réseau, au travers de son Soros Fund Management et jusqu’à récemment du Quantum Fund et de leurs diverses filiales (Soros Economic Development Fund, Soros Capital, Soros Strategic Partners, etc. ; Quasar Fund, Quota Fund, Quantum Emerging Growth Fund, etc.[13]).

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On peut en outre mettre à son actif la déstabilisation de monnaies nationales : il reste celui qui faillit faire « sauter » la banque d’Angleterre en septembre 1992, lors du « Mercredi noir » (qu’il rebaptisa « Mercredi blanc »), entraînant la sortie du pays du système monétaire européen. La couronne suédoise en subit les conséquences par ricochet en 1993[14], année où Soros spécula contre le franc, empêchant le Premier ministre d’alors, Edouard Balladur, d’appliquer sa politique du franc fort.[15] Il spécula avec succès contre le deutsche mark. En 1997-1998, le Quantum Fund spécula contre le baht thaïlandais et le ringgit malaisien (le Premier ministre de Malaisie accusa nommément Soros).[16] Les répercussions s’étendirent à la Russie, au Japon, à la Corée du Sud, au Brésil et à la Chine. En janvier 2016, le milliardaire tenta d’ailleurs de spéculer contre l’Empire du Milieu.[17]

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Une fortune qui a crû de 16 milliards de dollars depuis l’arrivée d’Obama au pouvoir.

Au classement Forbes de 2016, Soros était la 23ème fortune mondiale, pesant près de 25 milliards de dollars.[18] Une étude des classements Forbes des diverses années montre que, en à peine douze ans, sa richesse crût de presque 18 milliards de dollars, avec un décollage conséquent à partir de l’investiture d’Obama (son poulain de l’époque) à la Maison-Blanche. Deux années en particulier furent exceptionnelles pour le spéculateur : entre 2011 et 2012, et entre 2013 et 2014, il empocha à chaque fois plus de 5 milliards de dollars. Ses investissements sont multiples, et essentiellement dans la technologie, la consommation (domestique et denrées de base), la santé et la finance. Mais il se positionne aussi sur les minéraux, l’énergie, l’industrie et les télécommunications.

A ce titre, l’Afrique représente une aubaine pour le milliardaire. Le continent est en plein essor, les opportunités sont multiples, et Soros dispose à la fois des fonds pour investir et pour financer des ONG. Car la double casquette de l’investisseur et du philanthrope ne représente en réalité qu’une seule et même activité. Les ONG dérivées de l’Open Society, sponsorisées ou partenaires ont pour objectif commun la mise en place de mécanismes de gouvernance « ouverts », « transparents », respectueux des « droits de l’Homme » (au sens où l’entend Soros). En d’autres termes, il s’agit de s’ingérer de manière médiatiquement respectable dans la vie de nations souveraines et de leur imposer un « changement de régime » au départ « doux », en pesant sur les normes, en menant des opérations de lobbying et de plaidoyer, et si possible d’orienter les décisions politiques, économiques et sociétales dans le sens qu’il souhaite. Dit encore autrement, l’Open Society pratique une ingénierie sociale multi-niveaux, afin d’impacter les diverses sphères d’une société-cible. La promotion de la « société ouverte » est un facilitateur de business avec un vernis humaniste. Les ONG bénéficient d’une aura médiatique bienveillante, indépendamment de la réalité et des motivations derrière leurs actions[19], et Soros en tire profit.

En Afrique, l’influence de George Soros se manifeste parfois au plus haut niveau. Le lecteur curieux consultera le dossier « George Soros tisse sa toile en Afrique », publié par la revue Africa Mining Intelligence.[20] Contentons-nous ici de souligner son amitié avec les présidents Alpha Condé (Guinée) et Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire). Mais notons surtout le cas d’Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Liberia depuis son élection en novembre 2005. Auréolée d’un prix Nobel de la paix, elle subit les foudres de sa colauréate Leymah Gbowee, qui en 2012 accusait Sirleaf de corruption et de népotisme.[21] Par ailleurs, la présidente soutint activement Charles Taylor par le passé, seigneur de guerre convaincu de crimes contre l’humanité. En conséquence, la commission de réconciliation au Liberia préconisait, dans un rapport de 2009, d’interdire à Sirleaf « d’exercer toute fonction publique durant trente ans » (cf. capture d’écran ci-dessous).[22]

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En 2007, Sirleaf remit à Soros le prix du plus grand honneur en remerciement de sa philanthropie. Les deux individus se connaissent bien, en effet : Sirleaf n’est autre que l’ancienne directrice de l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA), la branche de l’Open Society qui agit dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Il semble logique, de ce fait, que Soros dispose d’un accès privilégié aux contrats et aux ressources minières du pays et démultiplie ses gains en conséquence.

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Pour plaisanter, on pourrait prétendre que Soros (via l’Open Society) est partout. En Afrique aussi, il soutient des mouvements qui visent à réussir des révolutions colorées, à l’instar de Y’en a marre ! au Sénégal, Balai Citoyen au Burkina Faso, Front Citoyen en RDC, etc. Sur le plan des ressources, Tony Blair créa, sur l’impulsion de Soros, l’ITIE / EITI (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives) en 2002, et implantée en 2003. Cette organisation demande aux pays de publier les chiffres des bénéfices de leurs entreprises nationales pour s’assurer de la « bonne gouvernance », de la « transparence » et de « l’éthique » dans la gestion de ces secteurs. En somme, un organisme anglo-américain vient dire à des gouvernements a priori souverains comment ils doivent gérer leurs ressources. Mais Soros n’a, dans les faits, que faire de la souveraineté : « Les principes de la société ouverte trouvent leur expression dans une forme démocratique de gouvernement et une économie de marché. Mais en tentant d’appliquer ces principes à l’échelle mondiale, nous faisons face à une difficulté apparemment insurmontable : la souveraineté des Etats. La souveraineté est un concept anachronique. […] C’est peut-être anachronique, mais le concept de souveraineté demeure le fondement des relations internationales. Nous devons l’accepter comme le point de départ des relations internationales. Les Etats doivent céder une part de leur souveraineté par un traité international. »[23]

L’une des coalitions à l’origine de l’ITIE est « Publiez ce que vous payez » (« Publish What You Pay »), dont quatre des six organisations de base appartiennent aux réseaux Soros : l’Open Society, OXFAM, Global Witness et Transparency International (que finance l’Open Society depuis bien longtemps, elle en fut même le plus gros donateur en 1999, cf. capture d’écran ci-dessous – la somme était alors en deutsche marks).[24] En organisme parallèle à l’ITIE, on pourrait aussi mentionner le Southern Africa Resource Watch (SARW), création de l’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA).

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Transparency International, une ONG « indépendante » généreusement financée par l’Open Society de George Soros.

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Cela fait à première vue « peu » sur le plan quantitatif, trop peu pour affirmer que Soros et l’Open Society sont partout en Afrique. Notre allégation serait forcément « complotiste ». Qu’en est-il ? En Afrique, l’Open Society a implanté quatre sections : l’Open Society Foundations for South Africa (OSF SA), dédiée à l’Afrique du Sud, l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA, Afrique de l’Ouest), l’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA, Afrique australe), et l’Open Society Initiative for Eastern Africa (OSIEA, Afrique de l’Est). Pour connaître les subventions – passées ou présentes – qu’accorde chaque section, il suffit de se reporter à la base de données correspondante.[25] Par exemple, OSIWA a accordé, en tout et pour tout, 247 subventions.[26] Le procédé est toutefois incomplet : OSIWA donne parfois des conférences communes avec d’autres organisations, ou noue des partenariats, sans que cela se traduise forcément par des subventions.

Nous avons ici privilégié une recherche et des recoupements au travers des comptes Twitter – média « chaud » par excellence – que suit chacun des trois chapitres régionaux africains de l’Open Society : OSIWA, OSISA, OSIEA, le partenariat et le tissage de liens n’impliquant pas toujours un financement, même si c’est souvent le cas. L’OSF SA a été volontairement laissée de côté, puisqu’elle est dédiée à un pays spécifique. L’objectif est ici d’exposer au lecteur, au travers d’une carte heuristique, l’ampleur du maillage effectué par l’Open Society en Afrique. Et pourtant, si les cartes apparaissent fournies (OSIEA ne s’est néanmoins pas encore autant développée), le lecteur gardera à l’esprit que les 105 ONG disposées sur la cartographie d’OSIWA ne représentent que les 2/5èmes des subventions de la section (même si certaines peuvent être reconduites auprès de la même ONG). Nous avons laissé de côté les ONG financées par l’Open Society « classique », i. e. hors chapitres africains, comme pour le Graça Machel Trust (où l’on trouve une ancienne directrice exécutive d’OSISA, Sisonke Msimang[27]), la Wayamo Foundation (dont est membre Abdul Tejan-Cole, directeur exécutif d’OSIWA[28]), et d’autres similaires (Vanguard Africa, Goxi, Africa Gathering, Africa Freedom of Information Centre, Africa Climate Change Adaptation Initiative, etc.).

La plupart du temps, l’Open Society n’est bien entendu pas le seul bailleur de fonds des ONG. La Ghana Anti-Corruption Coalition, financée par OSIWA jusqu’en 2015, reçoit aussi des fonds de l’USAID. L’APDHCI (Actions pour la Protection des Droits de l’Homme en Côte d’Ivoire) est également subventionnée par la NED. Au Kenya, la Commission nationale sur les droits de l’Homme bénéficie de subsides de la Ford Foundation. Au lecteur curieux de mener ses recherches, le cœur du sujet de Soros Connection étant ce dernier et l’Open Society.

En complément, nous avons reporté chaque ONG du Cmap dans un fichier Excel (téléchargeable ici), en y ajoutant le nom complet lorsque la place ne permettait de n’en noter que le sigle, et en précisant le domaine d’intervention de l’organisation, en classifiant par pays. Le lecteur pourra ainsi noter la diversité des domaines d’influence de l’Open Society, des médias à la gouvernance des ressources, de lobbying divers à la surveillance des élections, de la santé à l’éducation, des droits de l’Homme au droit de l’Environnement.

Thibault Kerlirzin

Les réseaux d’OSIEA (Open Society Initiative for Eastern Africa)

osiea-cmap
Cliquer pour agrandir

Les réseaux d’OSISA (Open Society Initiative for Southern Africa)

osisa-cmap
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Les réseaux d’OSIWA (Open Society Initiative for West Africa)

osiwa-cmap
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Notes

[1] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/01/20/le-monde-lance-le-monde-afrique_4559592_3212.html

[2] http://www.lemonde.fr/journaliste/serge-michel/

[3] http://bit.ly/2h595su

[4] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/11/22/l-ong-oxfam-denonce-un-partenariat-desequilibre-entre-areva-et-le-niger_3518474_3212.html

[5] http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/03/la-rdc-paradis-du-commerce-illegal-du-bois_4646050_3244.html

[6] https://www.one.org/us/person/neville-gabriel/

[7] https://www.oxfamamerica.org/static/media/files/Oxfam_America-Annual_Report_2015.pdf

[8] https://www.oxfamamerica.org/static/media/files/Oxfam_America-Annual_Report_2016.pdf

[9] http://www.snj.fr/sites/default/files/documents/Charte2011-SNJ.pdf

[10] https://www.youtube.com/watch?v=kPGMPlEHLTA. Voir également un document leaké fort instructif : http://45eq7vmb9bj1ratu11zv1p19.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2016/08/Ukraine-Working-Group-2014-gs-ukraine-visitmarch-2014notes.pdf

[11] http://www.politis.fr/blogs/2015/06/leaks-comment-le-milliardaire-georges-soros-tire-les-ficelles-us-en-ukraine-31346/

[12] Cf. l’excellent article de Joaquin Flores traduit par le Saker Francophone : http://lesakerfrancophone.net/armenie-les-revolutions-de-couleur-autopsie-et-travaux-pratiques/

[13] Slater (Robert), Soros, the World’s Most Influential Investor, McGraw Hill, 2009.

[14]http://sv.wikipedia.org/wiki/Finanskrisen_i_Sverige_1990%E2%80%931994#F.C3.B6rsvaret_av_fast_v.C3.A4xelkurs_1992

[15] Rocco (Anne-Marie), L’incroyable histoire de George Soros, milliardaire, spéculateur et mécène, éditions Assouline, 1999.

[16] http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-08-16/soros-like-attack-on-malaysian-ringgit-revives-memories-of-98

[17] http://www.lepoint.fr/economie/george-soros-nouvel-ennemi-numero-un-a-pekin-28-01-2016-2013513_28.php

[18] http://www.forbes.com/billionaires/list/#version:static

[19] Sur ce sujet, cf. les nombreux articles du site spécialisé Knowckers.org et Harbulot (Christian), Fabricants d’intox. La guerre mondialisée des propagandes, Lemieux éditeur, 2016.

[20] https://www.africaintelligence.fr/AMF/dossier/george_soros_tisse_sa_toile_en_afrique

[21] http://www.slateafrique.com/52395/ellen-johnson-sirleaf-Liberia-nobel

[22] http://www.usip.org/publications/truth-commission-liberia

[23] Soros (George), George Soros on Globalization, 2002, pp.5-6.

[24]http://www.transparency.org/whoweare/accountability/audited_financial_reports_with_independent_auditors_report/2/

[25] Le lecteur pourra aussi se reporter aux documents piratés par DC Leaks : http://dcleaks.com/wp-content/uploads/2016/soros/strategies/osisa-revised-2014-2017-strategy.pdf & http://dcleaks.com/wp-content/uploads/2016/soros/strategies/osiwa-revised-2014-2017-strategy.pdf

[26] En français : http://www.osiwa.org/fr/base-de-donnees/ ; en anglais : http://www.osiwa.org/grants-database/

[27] http://gracamacheltrust.org/new/index.php?option=com_content&view=article&id=5&Itemid=137

[28] http://www.wayamo.com/africa-group-for-justice-and-accountability/members/

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