George Soros, crise des migrants et sorosites serbes

La Serbie fait partie des pays européens frappés de plein fouet par la crise des migrants. Ce phénomène y est d’autant plus prégnant que plusieurs ONG, financées par Soros, se fixent pour tâche de contribuer à cette politique de « l’open society ».

Début septembre 2015, l’Europe connaissait un véritable bouleversement avec ce que la presse et le monde politique nommèrent pudiquement « la crise des migrants ». Plusieurs centaines de milliers de personnes, présentées comme des réfugiés « syriens », entreprenaient une longue traversée de la route des Balkans pour chercher à s’installer dans les pays européens. Si en France, nous avons entendu maintes fois parler du réseau des No Border(s), particulièrement actif au moment de la jungle de Calais, celui-ci n’est que la feuille de vigne d’un bien plus vaste système. En effet, cette « crise » voit intervenir de nombreuses ONG, sans l’appui desquelles l’arrivée des migrants en Europe serait incertaine. Au cœur de ce vaste réseau, une figure émerge, une fois de plus : George Soros, et son Open Society.

Le domaine et le mode d’action des ONG pro-migrants sont divers. Mais au bout du compte se dessine un système complet, coordonné, complémentaire et organisé qui assure le passage et l’implantation des migrants. L’aide peut concerner 1) les besoins élémentaires (nourriture, vêtements, informations pratiques et bornes de rechargement de téléphones portables) – et ce dès les plages grecques –, dans les camps de transit ou sur la route 2) le franchissement de frontières 3) une assistance juridique pour informer les migrants de leurs droits dans les démarches de demande d’asile 4) des activités de lobbying et de plaidoyers, essentiellement au niveau institutionnel (l’Union Européenne), avec des demandes qui se recoupent bien souvent : obliger les Etats-membres à accueillir un nombre spécifique de migrants, donner à ces derniers les mêmes droits qu’aux citoyens nationaux, ouvrir des routes légales et sécurisées le long des Balkans au bénéfice des migrants, pratiquer des politiques incitatives et facilitant les embauches des migrants dans les pays d’accueil (i. e. une discrimination négative envers les nationaux et les étrangers en situation régulière).

Problème : les migrants sont par définition des étrangers illégaux. Leur régularisation, comme pour tout étranger, doit être soumise à examen avant approbation ou refus. Il est ainsi cocasse que des ONG, émanations proclamées de la « société civile », aident les migrants et demandent à les imposer dans différents pays, en dépit de l’opposition majoritaire des populations. L’action de ces organisations semble bien souvent mue par des considérations idéologiques et politiques. En connaissance de cause, leurs bailleurs de fonds, quand il y en a (certaines ONG sont des micro-initiatives plus ou moins spontanées), servent la même idéologie. Or, on trouve bien souvent, dans cette crise européenne, des financements d’ONG américaines, ainsi – avec surprise – que l’Union Européenne (via des financements publics, i. e. les impôts des citoyens européens).

Le nombre exact des ONG est difficilement quantifiable, mais on peut situer l’ordre de grandeur autour de 70 et au-delà. On peut globalement les classifier en trois grands groupes :

  • ONG internationales ou européennes : Open Society, W2EU (Welcome to Europe), ECRE (European Council on Refugees and Exile), IRC (International Rescue Committee), PICUM (Plate-forme pour la coopération internationale sur les sans-papiers), EPIM (European Program for Integration and Migration), OXFAM, Caritas, Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, etc.
  • ONG nationales agissant dans plusieurs pays ou à l’étranger: IsraAid, Border Monitoring, Pro Asyl, MigAid (Migration Aid International), DRC (Danish Refugee Council), NRC (Norwegian Refugee Council), Praksis, etc.
  • ONG nationales agissant au sein de leur pays: Solidarity Now (ONG grecque créée par l’Open Society), Menedék, Migszol, MYLA (Macedonian Young Lawyers Association), Grupa 484, Praxis, Refugee Aid Serbia, etc.

Les financements de l’Open Society se retrouvent dans ces trois catégories. C’est aussi le cas de l’Union Européenne, ainsi que de l’USAID, faux nez de la CIA.[1] Ces trois acteurs sont les bailleurs de fonds que l’on retrouve le plus souvent dans la crise des migrants (avec l’Open Society en première position). A leurs côtés, le lecteur trouvera des ONG également influentes, mais moins médiatisées que l’Open Society, comme les Fondations Charles Stewart (CS) Mott, Oak, le Sigrid Rausing Trust, et bien d’autres encore. Bien entendu, dans d’autres cas, non cartographiés ici pour des questions de lisibilité, le lecteur devra passer à la méthode du « N+1 » : certaines ONG pro-migrants sont financées par des organisations qui reçoivent elles-mêmes des fonds de la part de l’Open Society. Le Centar za integraciju mladih (Center for Youth Integration Serbia) n’est par exemple pas financé par l’Open Society, mais par la Trag Fondacija[2] (cf.pied de page du site), qui reçoit, pour sa part, des fonds de l’Open Society Serbie (et des Fondations Charles Stewart Mott et Oak, notamment).[3]

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ONG pro-migrants sponsorisées par l’Open Society. Cliquer pour agrandir.

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Que font les ONG que finance l’Open Society ? On sait que George Soros est personnellement impliqué dans le soutien aux migrants, à divers niveaux. Il publia notamment un plan en six points, l’Open Society produisit des rapports avec le Migration Policy Institute, et elle finance l’European Stability Initiative, auteur du mal-nommé « Plan Merkel » d’octobre 2015.[4] Seront cartographiées dans cet article les sorosites pro-migrants serbes. Même si c’est évident, précisons que l’Open Society n’est jamais le seul bailleur de fonds ; il n’est pas question d’essayer de montrer que Soros a la mainmise sur les ONG, mais d’illustrer sa démarche et son champ d’action en donnant une idée de son étendue (en complément des autres articles sur Soros Connection).

Atina

  • Mode opératoire : aide matérielle et juridique, plaidoyers, développement d’un réseau d’ONG d’aide aux migrants.
  • Financeurs / partenaires[5] (liste courte) : International Rescue Committee, Union Européenne, Fund for an Open Society Serbia, International Organization on Migration (IOM), Oak Foundation, Save the Children, OXFAM, Trag Fondacija.

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  • Ni Atina ni l’Open Society ne mettent à disposition de rapport financier chiffrant le montant des subventions de la seconde à la première. Le site de l’Open Society Serbia ne publie qu’un rapport de 2013, où Atina ne figure pas.[6]
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La transparence timide de l’Open Society Serbia.

Fondée en 2004, Atina se concentre essentiellement sur la question du trafic d’êtres humains et les violences relatives au genre. Son aide, destinée aussi bien aux Serbes qu’aux étrangers, est diverse : aide aux besoins élémentaires, défense des droits, aide psychologique, juridique et médicale, etc. Si elle ne se focalise pas sur les migrants, Atina a néanmoins tourné un bref documentaire intitulé « Up the road »[7], où les migrants sont interrogés sur leurs souhaits. Ce documentaire critique les populations autochtones qui refusent d’accueillir ces migrants.

Sur le terrain, Atina envoie des équipes mobiles à divers points stratégiques de la frontière serbe afin d’identifier et de prendre en charge les femmes, en mettant les victimes en lien avec les services serbes, grecs et macédoniens. Son réseau, large, dépasse les Balkans pour venir s’étendre jusqu’en Europe occidentale. Sur le plan idéologique, Atina juge impossible la fin des migrations, et se prononce en faveur de frontières ouvertes, prétextant le risque des passeurs.[8]

Grupa 484

  • Mode opératoire : aide juridique et sur le terrain.
  • Financeurs / partenaires[9] (liste courte) : USAID, Balkan Trust for Democracy (projet du German Marshall Fund, de l’USAID et de la Charles Stewart Mott Foundation), Commission européenne, Divac Foundation (que finance l’Open Society), Charles Stewart Mott Foundation, Open Society Serbia, mais aussi Think Tank Fund, création[10] de l’Open Society.

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  • Membres notables :
    • Vladimir Petronijevic, directeur exécutif de Grupa 484, membre de l’ECRE, ancien conseiller au bureau du vice-premier ministre pour l’intégration européenne Bozidar Djelic, ainsi que consultant pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), sur la question des réfugiés et des personnes déplacées.[11]
    • Robert Kozma, diplômé de l’Université d’Europe Centrale de George Soros[12], assistant pour le programme « Nous et les autres » (cf. infra).
    • Zagorka Aksentijević, coordonnateur du programme « Nous et les autres ». Interrogé en 2000 par le Times, il affirmait son soutien à Otpor[13], mouvement à l’origine de la « révolution colorée » en Yougoslavie, financé par la NED et l’Open Society de Soros.
  • Dans son rapport d’activité de 2013, l’Open Society Serbia rapporte un don de 33 871 $ au bénéfice de Grupa 484.
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Don (répertorié) de l’Open Society à Grupa 484.

Grupa 484 est l’organisation que nous détaillerons le plus. Fondée en 1995, cette ONG serbe agit dans l’aide humanitaire, psychologique, juridique et informationnelle au bénéfice des réfugiés et déplacés de Croatie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo et Europe occidentale. Elle cherche à apporter assistance, éducation et influer sur les questions migratoires en développant des programmes de tolérance auprès des jeunes envers les migrants. Grupa 484 prétend avoir aidé près de 100 000 personnes grâce à son action dans plus de 70 villes serbes. Sa vision : une société ouverte sauce Soros, « un monde où les gens ont des chances égales de faire valoir leurs droits et de réaliser leur potentiel, ainsi que de vivre leur diversité ethnique et culturelle, partout où ils le veulent. » Sa mission : construire, en collaboration avec les migrants et les citoyens locaux – plus particulièrement les jeunes –, une société dans laquelle les différences et les droits de tous soient respectés. Sa zone d’action-cible : la Serbie et la région de l’Europe du Sud-Est.

Ses trois programmes :

  • PRIMO, qui développe un modèle de soutien reposant sur l’économie solidaire.
  • « Nous et les autres », projet à l’idéologie multiculturaliste sorosienne, il vise notamment à apprendre, à l’école 1) le développement de la pensée critique 2) que la diversité est une valeur et une richesse [N.B. : une démarche de type « double bind » batesonien (comparable à la « double pensée » orwellienne), ces deux points s’excluant par définition].
  • Le CEMI (Centre pour les migrations), un think tank de promotion des migrants et du potentiel de développement « économique » et « démocratique » qu’ils représentent. Créé en 2011, le CEMI pousse des acteurs divers des questions migratoires (organisations de la « société civile », élus, universitaires) à agir en faveur des migrants et de l’élargissement de leurs droits et sur la libéralisation des flux migratoires, de l’échelle locale au niveau européen.

Grupa 484 dispose en outre de projets achevés et actifs.

Parmi les 10 projets achevés, on retrouve à plusieurs reprises l’Open Society ou des ONG qu’elle finance ou avec laquelle elle a noué des partenariats :

  • « Engendering forced migration, socio-political transition and mental health in Bosnia and Herzegovina, Serbia and Kosovo ».[14] Les partenaires sont :
    • Foundation for Women’s Empowerment for Bosnia-Herzegovina, dont le rapport annuel, plus que succinct, ne donne pas le détail de ses bailleurs de fonds.[15]
    • Balkan Policy Institute. Le site est actuellement indisponible.[16] Néanmoins, une navigation via archive.org permet d’accéder aux financeurs sur une page datée du 24 décembre 2012 (cf. ci-dessous). Trois noms s’y trouvent[17]: Kosovo Foundation for Open Society (KFOS), le Programme de développement des Nations unies (UNDP), et KAEF (i. e. Kosovo American Education Fund[18]) / USAID.

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Au rang des financeurs, on notera :

  • Regional Research Promotion Program (RRPP) Western Balkans. Sans passer en revue chacun de ses membres, on remarquera le présence du Dr Claire Gordon au Comité directeur. Présentée comme membre de l’European Institute et de la London School of Economics (bastion de la société fabienne), elle fut par ailleurs spécialiste internationale du département de sciences politiques de l’université Saint-Cyrille-et-Méthode de Skopje pendant près de quatre ans (septembre 2009 – juillet 2013).[19] Sans surprise, l’Open Society de Macédoine (Foundation Open Society Macedonia – FOSM) fait ainsi partie des partenaires du RRPP.[20]
  • Université de Fribourg, partenaire de l’Open Society dans le cadre des Civil Society Leadership Awards 2017-2018.[21]
  • « Migrant Integration Policy Index in the Wastern Balkans region »[22], avec pour partenaires :
    • Vaša Prava BiH (BiH pour Bosnie-Herzégovine), dont les deux partenaires privés notables sont l’Open Society de Bosnie-Herzégovine (Fond otvoreno društvo BiH) et l’USAID (descendre sur la page principale, cf. colonne de gauche).[23]
    • Centre for Peace Vukovar (intitulé exact : Center for Peace, Legal Advice and Psychosocial Assistance), dont le Project Generation Facility, partie intégrante de l’initiative « Making the Most of EU Funds for Roma (i. e. les Roms) », est financé par l’Open Society de Budapest.[24] L’Open Society travaille en outre régulièrement avec le Center for Peace Vukovar.[25]
    • Studiorum (autre nom : CRPRC – Center for Regional Policy Research and Cooperation). L’Open Society Institute Public Health Program, UNITED (financé par l’Open Society) et la très barbouzoïde NED (National Endowment for Democracy) font partie de ses divers partenaires.[26]
    • Center for Research and Policy Making (CRPM). Aux côtés de l’USAID (et de nombreux autres), on y retrouve l’Open Society sous trois formes en tant que bailleur de fonds / partenaire : Open Society Institute, Foundation Open Society Institute Macedonia, Policy Association for an Open Society.[27] L’un des quatre membres du bureau de cette ONG est Florian Bieber, diplômé de l’Université d’Europe Centrale de Soros et ancien membre de l’Open Society.[28]
    • Migration Policy Group (sous-titré Strategic thninking on Mobility, Equality and Diversity), financé par « des fondations privées, telles Atlantic Philanthropies et l’Open Society Foundation », aux côtés d’organismes européens et d’agences intergouvernementales.[29]

Le financeur du programme est le Balkan Trust for Democracy (BTD), non financé par l’Open Society[30]. Le BTD est toutefois un programme du German Marshall Fund of the United States, où l’on trouve au moins deux anciens membres de l’Open Society (Ivan Vejvoda[31], Chiara Rosselli[32]), et plusieurs événements réalisés en partenariat avec l’Open Society et ses membres.[33]

  • « Transnational Networks, Transnational Entrepreneurship and the Role of State »[34], avec deux partenaires :
    • Institute of Social Sciences, Belgrade. Plusieurs des membres dont le CV est en ligne sont liés au Fund for an Open Society ou à l’Université d’Europe Centrale de Soros.[35]
    • Institute for Change and Leadership in Albania (ICLA). Son rapport « Equal Access to Education of Roma Children » a été financé par l’Open Society Foundation for Albania.[36]

Le financeur (le RRPP) a déjà été traité.

  • « Support to the First Western Balkan Migration Think Tank ». Il s’agit du CEMI. Les partenaires ne sont pas nommément donnés. Le financeur de ce projet de trois ans est le Think Tank Fund de l’Open Society Institute de Budapest.[37]
  • « Improving Migration Policy in Serbia and countries of the Western Balkans ». Il n’y a pas de partenaire. L’unique financeur est l’Open Society Foundation Serbia.[38]
  • « The Media between Freedom and Dependence : The Role of Print Media in the Process of Refugee Return ».[39] Parmi les trois partenaires se trouve le Media Center de Sarajevo. Il s’agit d’une création de l’Open Society de Bosnie-Herzégovine.[40] Le RRPP est pour sa part l’un des deux bailleurs de fonds du projet.
  • « Networking and Capacity Building for More Effective Migration Policy in Serbia ».[41] Les deux partenaires du projet sont le Belgrade Centre for Human Rights et le Belgrade Centre for Security Policy. Le premier est financé par de nombreuses organisations dont l’Open Society Fund[42] et compte un membre de l’Open Society de Croatie en son Comité consultatif (Miomir Matulović).[43] Le site du second est financé par le gouvernement norvégien et l’Open Society Institute de Budapest (cf. bas de page, encart de gauche).[44]

Grupa 484 dispose également de 10 programmes en activité, avec là encore une présence de l’Open Society et de sorosites d’Europe de l’Est.

  • « Improving Migration Policy in Serbia and the Western Balkans ». Poursuite de ce projet financé par l’Open Society Foundation Serbia.[45]
  • « prEUnap ».[46] Plusieurs partenaires sont sponsorisés par l’Open Society :
    • Autonomous Women Center. Cette ONG dispose de très nombreux mécènes. Quatre branches de l’Open Society y apportent leur contribution : Fund for an Open Society et Open Society Fund of Yugoslavia de Belgrade, OSI Network de Budapest, OSI ZUG de Suisse. On y trouve également OXFAM, l’USAID, la Oak Foundation, etc.[47]
    • Belgrade Centre for Security Policy (déjà traité).
    • Center for Investigative Reporting (CIR). Américain, cet organisme est notamment financé par l’Open Society Foundations.[48]
    • Transparency (i. e. Transparency International) Serbia. Nous avons déjà souligné que Transparency International est financé par l’Open Society. Le chapitre serbe n’échappe pas à la règle : l’Open Society Foundations (Fondacija za Otvoreno društvo) et l’Open Society Serbia (Fond za otvoreni društvo, Srbija) figurent parmi ses bailleurs de fonds.[49]
  • « TOGETHER – Regional CSOs Cooperation ».[50] Le partenaire du projet est le Center for [Peace] Studies, que finance l’Open Society (cf. page principale, colonne de droite).[51]
  • « Towards the real protection for unaccompanied and separated child migrants (PROCHILD) ».[52] Le partenaire du projet est la Macedonian Young Lawyers Association (MYLA), une ONG financée par l’Open Society, l’USAID, OXFAM, etc.[53]
  • « SCORE – Continuation »[54], dont Atina est l’un des partenaires. Cette ONG, comme vue plus haut, est financée entre autres par l’Open Society Serbia, OXFAM, la Oak Foundation, l’International Rescue Committee, la Trag Fondacija…[55]

Sur un total de 20 projets de Grupa 484, 12 sont ainsi directement liés à l’Open Society ou à diverses sorosites.

Novosadski Humanitarni Centar (NSHC)

  • Mode opératoire: aide sur le terrain et juridique, lobbying, plaidoyers, production de rapports.
  • Financeurs / partenaires: Fund for an Open Society Serbia, USAID, Divac Foundation, German Marshall Fund of the United States, etc.[56]

A l’instar de Grupa 484, cette ONG dispose de plusieurs projets. Dans le cas des migrants, son aide prend la forme d’un soutien psychologique et psychothérapeutique, ainsi qu’une aide juridique, des informations, et un soutien matériel et psychosocial. Nous ne nous attarderons pas dessus pour éviter d’être aussi exhaustifs que pour Grupa 484. Le lecteur pourra retrouver de lui-même les financeurs et partenaires des projets de l’ONG sur la page dédiée.[57]

Praxis

  • Mode opératoire : aide juridique et matérielle, lobbying.
  • Financeurs / partenaires : ses nombreux projets sont financés par divers partenaires, publics comme privés (Union Européenne, UNHCR, OMS, Visegrad Fund, Caritas, etc). L’Open Society fut le bailleur de fonds du projet « Monitoring of Roma Inclusion in Practice » en 2012.[58]
  • Membre notable : Tamara Lukšić-Orlandić, présidente du bureau directeur de Praxis, travailla plusieurs années pour l’Open Society Serbia.[59]

Créée en 2004 à Belgrade, Praxis provient du Civil Rights Project (CRP) que fonda et mena le Norwegian Refugee Council (NRC) en Serbie de 1997 à 2004. Outre la protection des droits civiques des réfugiés et des personnes déplacées à l’intérieur du territoire serbe, Praxis agit pour renforcer la position des migrants dans la société. Elle surveille également les politiques publiques, mène des recherches et des analyses, des plaidoyers contre les obstacles qui empêchent d’accéder à des « droits », publie des rapports et fournit une expertise en faveur de réformes législatives. Devenue indépendante du CRP en 2004, elle poursuit son partenariat avec l’UNHCR et le ministère norvégien des Affaires étrangères. Elle est membre de l’European Network on Statelessness.

Son aide envers les migrants le long de la route des Balkans est attestée par une signature conjointe d’un communiqué des « organisations qui travaillent le long de la route des Balkans occidentaux », au rang desquelles figurent de nombreuses sorosites.[60]

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Communiqué commun de Praxis et de plusieurs sorosites.

La page Facebook confirme cette implication. Praxis s’y définit comme défendant les droits des migrants et des minorités. Le 9 mars 2016, l’ONG a partagé une publication de Refugee Aid Miksalište, une organisation financée par la Divac Foundation (cf. infra), elle-même sponsorisée par l’Open Society. Cette ONG dispose que « l’ONG Praxis Serbia est l’une des organisations qui a jusqu’à maintenant contribué substantiellement au travail de Miksalište », ajoutant des photos avec des sacs et des cartons et remerciant Praxis pour ces dons à destination des migrants.[61]

Refugee Aid Miksalište

  • Mode opératoire : aide matérielle
  • Projet créé par : Mikser House et Divac Foundation

Locale, cette ONG serbe agit à Miksalište, où elle met à disposition un point d’accueil pour les réfugiés. Elle leur fournit de la nourriture, des produits d’hygiène et des vêtements, ainsi qu’un accès WiFi et des rechargements pour téléphone mobile, une assistance médicale, des espaces récréatifs pour les enfants, et des animations. Elle y reçoit des dons, qu’elle distribue ensuite directement ou transporte à divers points frontaliers.

Pour notre propos, le plus intéressant est de savoir que Refugee Aid Miksalište fut créé par la Mikser House et la Divac Foundation. La Mikser House se présente comme une plateforme multidisciplinaire qui encourage le développement de l’économie créative, et se veut un « nouveau concept » d’institutions culturelles, « qui relie les activités culturelles, éducatives et commerciales dans un espace multifonctionnel ».[62] Au début du mois de mars 2016, Mikser House a lancé un blog (le blog vers lequel renvoie Refugee Aid Miksalište) où sont publiés des témoignages de migrants arrivés en Serbie. En parallèle, la Mikser House organise annuellement le Mikser Festival, créé par le PDG Ivan Lalić et son épouse Maja, directrice création.[63] On pourra noter que, depuis plus de deux ans, une certaine Ana Dragic y travaille comme sélectrice de programme. Dragic obtint par le passé une distinction dans le cadre de l’Undergraduate Exchange Program Fellowship de l’Open Society.[64]

La Divac Foundation fut fondée le 28 juin 2007 afin d’aider les citoyens en général et les réfugiés en particulier, avec un focus spécifique accordé aux problèmes de logement. La Fondation a été créée par Vlade Divac, ancien joueur international de basket, et son épouse Ana, actrice. Son objectif est triple : 1) aider à une complète intégration socio-économique des réfugiés et des personnes déplacées de force à l’intérieur du territoire 2) créer un environnement meilleur et plus sain pour les enfants et les jeunes de Serbie 3) améliorer la prise de conscience et le soutien à l’égard des groupes socialement vulnérables. Elle travaille pour ce faire avec des citoyens, des entreprises, d’autres fondations qui traitent des mêmes thématiques, des associations à l’étranger, des donateurs, des institutions gouvernementales.

Initialement Humanitarian Organization Divac (HOD) et domiciliée aux Etats-Unis – où Vlad était basketteur –, elle s’installa par la suite en Serbie. A ce jour, elle a financé et mené des programmes éducatifs et d’aide humanitaire en Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, aux Etats-Unis, Indonésie, Ethiopie et en Chine. Ses nombreuses actions ont valu à Vlade Divac d’être nommé Ambassadeur de bonne volonté des Nations Unies pour son programme « Le sport contre la drogue », mais aussi membre du « World Sports Humanitarian Hall of Fame ». L’ONG a par ailleurs reçu le titre de l’action la plus humanitaire en 2008 pour sa campagne « You can too » (aide et assistance financière aux réfugiés), nommée par les citoyens ; une médaille d’or pour sa campagne « Let’s All Help » en tant que campagne la plus socialement responsable ; Ana Divac reçut le titre de Femme de l’Année 2012 pour ses réalisations humanitaires.[65] La Foundation for an Open Society Serbia a financé son Digital Activism Day de 2014 (mais n’apparaît désormais plus sur la page des financeurs, tout comme son partenariat avec Grupa 484[66]), et fait partie de ses sponsors, de même que l’USAID, la Charles Stewart Mott Foundation, l’Union Européenne, ou encore le Balkan Trust for Democracy.

Thibault Kerlirzin

Notes

[1] Le site d’informations sur la guerre économique Knowckers rapporte ainsi que « l’USAID est aujourd’hui un bras armé de la politique étrangère » américaine, qui récompense « les pays alliés des Etats-Unis, [soutient] les partis d’opposition dans les régimes ennemis et sanctionnent les Etats réfractaires au système démocratique américain. L’USAID travaille main dans la main avec la CIA et le Département d’Etat pour démultiplier l’effet d’influence et les canaux d’action. De nombreux agents de la CIA utilisent l’USAID comme couverture dans certains pays et les frontières semblent perméables entre les deux agences. L’ancien dirigeant de la CIA, James Woolsey, préside par exemple l’ONG Freedom House – financée par l’USAID – qui a dispensé des formations de « soutien à la démocratie » dans les années 2000, en Serbie, en Ukraine et au Kirghizistan, avec pour objectif officieux de fomenter des révolutions dans ces pays hostiles aux Etats-Unis. Un objectif atteint avec brio par la Maison Blanche, et que l’on nomme aujourd’hui « Révolutions colorées ». » :

 http://www.knowckers.org/2015/02/l%E2%80%99usaid-une-ong-au-service-de-la-puissance-des-etats-unis-dans-le-monde/

[2] http://www.cim.org.rs/

[3] https://www.tragfondacija.org/pages/sr/o-nama/donatori-i-partneri.php

[4] http://www.esiweb.org/pdf/ESI%20-%20The%20Merkel%20Plan%20-%20Compassion%20and%20Control%20-%204%20October%202015.pdf Il n’émane en effet nullement de la chancelière allemande, et porte pour sous-titre « Restoring contro ; retaining compassion. A proposal for the Syrian refugee crisis ».

[5] http://www.atina.org.rs/sr/donatori

[6] http://www.fosserbia.org/sr/assets/doc/sr/Godisnji%20izvestaj%20za%202013.pdf

[7] http://www.atina.org.rs/en/documentary-movie-production-ngo-atina-road

[8] http://www.atina.org.rs/en/migrations-can-not-be-stopped-closing-borders-pushes-people-hands-smugglers

[9] http://grupa484.org.rs/grupa-484/partneri/

[10] https://www.facebook.com/thinktankfund/

[11] http://grupa484.org.rs/biografije/vladimir-petronijevi%C4%87/

[12] http://grupa484.org.rs/biografije/robert-kozma/

[13] http://www.vreme.com/arhiva_html/478/01.html

[14] http://grupa484.org.rs/en/projekti/engendering-forced-migration-socio-political-transition-and-mental-health-in-bosnia-and-herzegovina-serbia-and-kosovo/

[15] http://www.fwebih.org/en/onama/godisnji-izvjestaj

[16] LinkedIn et Facebook renvoient vers le même site : http://www.policyinstitute.eu, cf. https://www.linkedin.com/company/balkan-policy-institute-instituti-ballkanik-i-politikave—ipol et https://www.facebook.com/pg/IPOLinst/about/?ref=page_internal

[17] http://web.archive.org/web/20121224103617/http://policyinstitute.eu/alb/about/donors

[18] https://www.kaef-online.org/

[19] https://www.linkedin.com/in/claire-gordon-b2701a9

[20] http://www.rrpp-westernbalkans.net/partner-network.html?detail=312391bc-ffc6-4b84-83a9-5be81dd8f616

[21] https://www.opensocietyfoundations.org/sites/default/files/civil-society-leadership-award-guidelines-20160714.pdf

[22] http://grupa484.org.rs/en/projekti/migrant-integration-policy-index-in-the-western-balkans-region/

[23] http://www.vasaprava.org/

[24] http://www.center4peace.org/index.php/en/projects-programs/118-project-pgf-croatia

[25] http://bit.ly/2igtPxG

[26] http://studiorum.org.mk/en/?cat=4

[27] http://www.crpm.org.mk/?page_id=8206, cf. bas de page.

[28] http://www.crpm.org.mk/?page_id=3421, CV en ligne, non actualisé depuis février 2011 : https://fbieber.files.wordpress.com/2011/02/bieber-cv-201011.pdf

[29] http://www.migpolgroup.com/about-us/

[30] http://www.gmfus.org/civil-society/balkan-trust-democracy

[31] http://www.gmfus.org/profiles/ivan-vejvoda

[32] http://www.gmfus.org/profiles/chiara-rosselli

[33] http://bit.ly/2hsuFGl

[34] http://grupa484.org.rs/en/projekti/transnational-networks-transnational-entrepreneurship-and-the-role-of-state/

[35] http://www.idn.org.rs/index201_en.html

[36] http://www.icla.co/web/wp-content/uploads/2014/07/INLSH_-SOROS-Final-Report_e-re_anglisht-1.pdf

[37] http://grupa484.org.rs/en/projekti/support-to-the-first-western-balkan-migration-think-tank/

[38] http://grupa484.org.rs/en/projekti/improving-migration-policy-in-serbia-and-countries-of-the-western-balkans/

[39] http://grupa484.org.rs/en/projekti/the-media-between-freedom-and-dependence-the-role-of-print-media-in-the-process-of-refugee-return/

[40] http://www.media.ba/en/o-nama/about-us

[41] http://grupa484.org.rs/en/projekti/networking-and-capacity-building-for-more-effective-migration-policy-in-serbia-2/

[42] http://www.bgcentar.org.rs/bgcentar/eng-lat/o-nama/donatori/

[43] http://www.bgcentar.org.rs/bgcentar/eng-lat/o-nama/savet-centra/

[44] http://www.bezbednost.org/BCSP/2001/Home.shtml

[45] http://grupa484.org.rs/en/projekti/improving-migration-policy-in-serbia-and-the-western-balkans-continuation/

[46] http://grupa484.org.rs/en/projekti/preunap/

[47] http://www.womenngo.org.rs/o-nama/donatori

[48] http://cironline.org/our-supporters

[49]http://www.transparentnost.org.rs/images/stories/o_nama/Transparency%20Serbia%20-%20Lista%20donatora.docx

[50] http://grupa484.org.rs/en/projekti/together-regional-csos-cooperation/

[51] http://www.cms.hr/en

[52] http://grupa484.org.rs/en/projekti/towards-the-real-protection-for-unaccompanied-and-separated-child-migrants-prochild/

[53] http://myla.org.mk/mk/

[54] http://grupa484.org.rs/en/projekti/score-continuation/

[55] http://www.atina.org.rs/en/node/276

[56] http://www.nshc.org.rs/onama/donatoriipartneri

[57] http://nshc.org.rs/projekti

[58] http://www.praxis.org.rs/index.php/en/projects

[59] http://www.praxis.org.rs/index.php/en/about-us/structure/item/52-board-of-directors

[60] http://www.praxis.org.rs/index.php/en/praxis-in-action/migration/item/1008-joint-statement-of-the-organizations-working-along-the-western-balkan-migration-route

[61] https://www.facebook.com/RefugeeAidMiksaliste/posts/1684564421810175

[62] http://house.mikser.rs/o-nama/

[63] http://www.novaplanet.com/novamag/17209/belgrade-le-grand-mikser

[64] https://www.linkedin.com/in/ana-dragic-b6560820 & https://www.opensocietyfoundations.org/voices/young-serb-and-kosovar-photographers-face-reflection

[65] http://www.fondacijadivac.org/Foundation-Ana–Vlade-Divac/311/Foundation-Goals-and-Timeline.shtml/nav_start=

[66] http://www.divac.com/rs/Tim

2 réflexions sur “George Soros, crise des migrants et sorosites serbes

  1. Pingback: Soros, migrants et Macédoine / Pour un mouvement Stop Operation Soros France et Europe – The Soros Connection

  2. Pingback: 1543 -Pour un mouvement Stop Operation Soros France et Europe – Sans a priori

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