Voici quelques jours, l’Open Society a publié son budget pour l’année 2017. D’un montant de 940,7 millions de dollars, il est en augmentation d’1,1% par rapport à 2016 (où il était de 930,7 millions). Quelles sont les évolutions ?

Ces 940,7 millions ne sont pas tous alloués à des programmes, mais comprennent l’ensemble des activités de l’Open Society, notamment les salaires et les frais de fonctionnement.

Priorité aux migrants

Dès le départ, l’ONG annonce la couleur : en 2017, priorité à l’aide aux migrants : « Notre mission est de renforcer les institutions et les pratiques qui gardent les sociétés ouvertes, et nous entendons par là l’ouverture à la critique et au débat, l’ouverture aux corrections et à l’amélioration, et l’ouverture à la participation de tout le monde. Il n’y a pas de meilleure façon de montrer comment nous réalisons cette mission que la priorité que nous donnons dans ce budget à la question migratoire. […] Nous avons commencé l’année 2016 avec 20,8 millions de dollars dédiés à cette tâche, mais le montant pour 2017 se chiffre à 32,6 millions, une augmentation de plus de 50%. Nous avons par ailleurs invité l’Université d’Europe Centrale [l’Université Soros qui prodigue de l’aide aux migrants et dont nous retrouvons plusieurs diplômés au sein de Border Monitoring, l’organisation parente des activistes de Welcome to Europe, dite W2EU – Ndlr] à suggérer comment elle pourrait agir davantage pour fournir une meilleure éducation pour les réfugiés, que ceux-ci vivent dans des camps ou des communautés hôtes. Les 32,6 millions n’incluent pas le plan annoncé par George Soros en septembre 2016, d’investir 500 millions de dollars d’investissements en capital dans des business qui bénéficient aux migrants. »[1] Et l’on apprend qu’en février 2016, George Soros s’était engagé à donner 25 millions de dollars sur plusieurs années pour dispatcher les migrants de Syrie au Liban et en Jordanie et fournir une aide juridique « aux centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre ». Enfin, l’Open Society annonce le lancement d’un nouveau programme de « fellowship » pour soutenir les migrants (les individus) afin qu’ils participent aux débats sur les politiques publiques.

Somme toute, pour 2016-2017, l’Open Society aura dépensé près de 60 millions de dollars dans l’aide aux migrants à travers le monde.

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En 2017, l’Open Society augmente son budget d’aide aux migrants de plus de 50%, passant de 20,8 à 32,6 millions de dollars.

La magie des chiffres

contact-osiLe budget thématique n’est pas aisé à comparer aux années précédentes. Pour chaque année en effet, la présentation des budgets de l’Open Society changent. On notera toutefois un détail étonnant : si l’on trouve les budgets des années 2012[2], 2013[3], 2014[4], 2016[5] et 2017, l’ONG de Soros n’a jamais publié son budget de l’année 2015 – en dépit d’un courriel envoyé par nos soins, auquel l’Open Society n’a jamais donné suite. Une recherche par la Wayback Machine montre que le 5 janvier 2016[6], la page en ligne concernait encore le budget 2014, pour passer au budget 2016 le 7 février.[7] Le document 2016 est plus opaque que celui de 2014 et ne détaille pas ses dons, se contentant de les catégoriser. Si l’on se voulait taquins, on dirait que plus l’Open Society demande à ouvrir les sociétés, plus il semble qu’elle devienne opaque.

Une autre question survient, relative cette fois au fameux budget des programmes de 2016. Le graphique de 2017 rapporte que les dons et autres programmes directs se chiffraient à 496,3 millions de dollars en 2016, soit 53% du budget total de l’Open Society, auxquels s’ajoutent les investissements liés aux programmes, d’un montant de 50,0 millions en 2016, ce qui mène donc à un total de 546,3 millions. Le graphique de l’année 2016 est en décalage : les investissements liés aux programmes ne sont pas catégorisés. On n’y trouve que la section dons pour les programmes, mais elle se monte à 544,6 millions. On se trouve ainsi, entre les deux rapports, avec un flottement de près de 2 millions de dollars. Se sont-ils envolés, et si tel est le cas, où ?

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Zones à surveiller en 2017

En dernier lieu, le lecteur curieux se rapportera à la carte mondiale des zones où l’Open Society dédie ses investissements de 2017 pour y comparer les réductions ou augmentations des dépenses. Outre les Etats-Unis (+5%, soit +6,6 millions de dollars – il faut bien financer les manifestations anti-Trump…), deux zones seront à surveiller en particulier cette année : l’ensemble Moyen-Orient, Afrique du Nord et Asie du Sud-Ouest, avec une hausse de 39% des dons de l’Open Society, soit +13,8 millions de dollars, mais surtout la zone Asie Pacifique avec +53%, soit +22,5 millions de dollars d’investissement par rapport à l’année 2016. De quoi aider des mouvements « spontanés » à lancer des révolutions colorées (il faudra bien que Trump se prononce à un moment sur le cas Soros) et ouvrir des sociétés pour y faire du business – à l’instar de l’Afrique avec Helios Partners, où Soros est associé avec Thatcher et Rothschild, ou de l’hydro-électricité.

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A noter : Pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie du Sud-Ouest, inutile de disserter sur les objectifs de Soros. Pour l’Asie Pacifique, on se reportera avec profit au dossier de Yan Giron « Le pivot maritime Asie Pacifique », probablement le plus gros travail de fond mené en France pour comprendre les enjeux géoéconomiques de cette zone d’influence.[8]

A surveiller.

Thibault Kerlirzin

Un commentaire sur « Budget 2017 de l’Open Society : quoi de neuf ? »

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