ONE : la sorosite de Bono dans la présidentielle française 2017

ONE fait partie des ONG des réseaux Soros. Discrète et peu médiatisée, elle compte pourtant jouer sa partition dans nos élections présidentielles, au travers d’une influence qu’elle a su exercer jusqu’au plus haut niveau. Chronique d’une ingérence ordinaire de la « société ouverte » sur la France.

Le « Manifeste » à destination des candidats

En attendant de connaître la liste des financeurs de Macron – dont l’opacité en la matière devient réellement malsaine –, on pourrait penser, avec mesure, que George Soros ne compte pas peser directement sur la campagne présidentielle française de 2017. Raison principale : l’Open Society n’y prend aucune part active. Ce serait pourtant négliger les ONG satellites qui gravitent dans la galaxie Soros.

ONE, cofondée par Bono, leader du groupe U2, fait pourtant partie de celles-ci.[1] En attendant de publier un article plus approfondi sur cette organisation « à la Frank Kitson », on se contentera ici de souligner qu’en 2016, ses « jeunes ambassadeurs » sont allés demander aux candidats de signer leur manifeste, s’engageant de ce fait « à proposer un plan pour l’Afrique » pour lutter contre l’extrême pauvreté.[2] Dix candidats ont ainsi souscrit aux demandes de la sorosite : François Fillon, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Alain Juppé, Yannick Jadot, Karima Delli, Michèle Rivasi, Jean Lassalle, François de Rugy et Vincent Peillon. On notera que l’article qui rapporte ces faits fut publié le 14 novembre. Macron se déclara candidat le 16, d’où son absence probable de cette liste.

fillon-one

La suite de l’article use des mêmes éléments de langage propres à nombre d’ONG (« pandémies mondiales, catastrophes climatiques majeures, conflits »), sans jamais s’interroger en amont sur le rôle de certains de leurs bailleurs de fonds ou des poulains de ceux-ci (Soros & Obama par exemple). ONE dénonce le feu mais omet de nommer le pyromane.

Le manifeste s’inscrit dans la droite ligne des combats de l’Open Society et de ses sorosites (Transparency International, SARW, NRGI, ITIE, Global Witness…) : volonté de « genrer » la misère, et exigence de « mesures de transparence fiscale afin de permettre aux pays d’augmenter leurs propres ressources pour financer leur développement sur le long terme ».[3] Soros se soustrait à ces obligations de transparence fiscale, mais ces (ses ?) « jeunes ambassadeurs » semblent l’ignorer.

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Le blog sera apparemment mis à jour « au fur et à mesure de la campagne ». A surveiller.

A noter que le blog invite à suivre le hashtag #ONEYouth2016 sur Twitter, mais que désormais, c’est sur #ONEYouth2017 que le lecteur trouvera des actualisations.

Le « comparateur de programmes » : détente sur la forme, ingérence sur le fond

aide-developpement-2017

ONE, CARE (partenaire[4] et financée[5] par l’Open Society mais aussi par Goldman Sachs…), Action contre la Faim et Action Santé Mondiale (i. e. Global Health Advocates ; on notera la présence de Presilia Mpanu-Mpanu, qui a intégré un poste d’assistante de plaidoyer après plusieurs mois en tant que policy assistant à l’Open Society[6]) ont mis en place un comparateur de programmes qui analysera, jusqu’à l’élection présidentielle, les propositions des candidats notamment sur « l’aide au développement ». On ne peut ici pas résister à la leçon de grand journalisme critique que nous offre Julia Livage (dite « Julia du Web ») sur le plateau de Télé Matin sur France 2 :

William Leymergie : « – C’est un organisme euh… Il a un parti, une tendance… ? Non ?!

Julia du Web : – Ce sont des ONG William, donc c’est 4 ONG différentes comme Action contre la Faim qui ne sont pas politisées, dont le travail c’est vraiment d’œuvrer pour la solidarité internationale. » Sans oublier, en début d’intervention sur cette vidéo, le « C’est un outil d’in-for-ma-tion ».[7] Le soft power a encore, en fin de compte, de beaux jours devant lui.

Ce comparateur est en ligne sur le site aide-developpement-2017.org et attribue des notes aux candidats en fonction de divers critères, avec pour le moment la meilleure note attribuée à Mélenchon, puis viennent Yannick Jadot et Benoît Hamon. Un outil qu’il peut être pertinent de surveiller également.

En complément : l’influence jusqu’à l’Elysée

Pour donner une idée de l’influence discrète mais certaine qu’exerce la sorosite ONE jusqu’à l’Elysée, on se rapportera à leur article du 22 décembre 2016, qui se consacre au budget 2017 pour l’aide au développement :

« Mardi 20 décembre, l’Assemblée nationale a définitivement adopté le budget 2017, le dernier du mandat de François Hollande. Au cours des trois mois de procédure législative, ONE, aidé par ses fidèles Jeunes Ambassadeurs, a mené une campagne intense de plaidoyer et de communication dans les médias qui a porté ses fruits ! En effet, nous avons obtenu une augmentation de 365 millions d’euros pour l’aide publique au développement (APD) pour 2017, soit 11% de plus qu’en 2016 ! Il s’agit de la hausse du budget de développement la plus importante des cinq dernières années ! […] Une mobilisation sans faille de ONE et de ses membres jusqu’à la dernière minute ! Le combat pour le budget 2017 aura été de longue haleine, avec des retournements de situations dignes des plus grands films à suspense et une victoire sécurisée seulement au cours du dernier vote à l’Assemblée nationale ! Cette victoire est largement due à nos Jeunes Ambassadeurs qui ont réalisé pas moins de 24 rendez-vous avec des parlementaires et 14 interviews dans la presse ! »[8]

Quelques pistes d’action

Peut-être serait-il enfin temps de prendre les mesures qui s’imposent face à l’ingérence d’ONG américaines jusque-là bien tranquilles pour mener des opérations d’influence, et apparemment jusqu’à l’Elysée, sous des airs d’initiative citoyenne jeune et débonnaire. Quelques suggestions :

  • A l’instar de la Russie, obliger les ONG financées par l’étranger à s’annoncer comme telles. Peut-être que certains candidats, en particuliers critiques de l’Open Society, réfléchiraient ainsi à deux fois avant de s’engager s’ils connaissaient réellement l’origine de ONE, ses intérêts (que nous développerons dans un autre article), ses bailleurs de fonds.
  • Interdire purement et simplement à ces ONG de s’ingérer dans les affaires de la campagne présidentielle. Comment prendre au sérieux les geignements de Soros sur une supposée ingérence russe dans la campagne présidentielle américaine si la sorosite ONE en fait de même – au moins à deux niveaux, comme exposé dans ce billet – dans notre année électorale (on peut ainsi s’attendre à un doublé de leur part lors des élections législatives) ?
  • Surveiller activement les diverses sorosites, notamment francaises (Sherpa, Transparency International, La Quadrature du Net, Le Monde Afrique, Human Rights Watch, Finance Watch, OXFAM, liste non exhaustive) et leurs prises de positions et tentatives d’influence (terme diplomate) de l’opinion au cours de notre campagne présidentielle à venir.

A bon entendeur.

Thibault Kerlirzin

2 réflexions sur “ONE : la sorosite de Bono dans la présidentielle française 2017

  1. Pingback: Morton Halperin chez ONE : réseaux d’Etat & réseaux Soros – Soros Connection

  2. Pingback: Traduction : Soros finance Google pour stopper la populiste Le Pen – Soros Connection

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