Lanceurs d’alerte en France : George Soros derrière le député Yann Galut ?

En France, le député Yann Galut a porté le débat autour des lanceurs d’alerte au niveau législatif. Mais qui se trouve derrière ? George Soros et sa sorosite Transparency International.

Le 29 mars 2016, le député Yann Galut, proche d’Arnaud Montebourg, soumettait à l’Assemblée nationale la proposition de loi n°3607, relative à la protection des lanceurs d’alerte.[1] Jusque-là, rien que de très normal, et même une saine initiative pour lutter contre les excès de certaines multinationales. Sauf que Yann Galut avait déjà présenté cette loi le 3 décembre 2015[2], et que nous devons nous rendre sur le site de Transparency International France (dont nous aurons l’occasion de reparler à l’avenir) pour y découvrir que c’est avec cette ONG que le député a présenté sa proposition.[3] Dès lors, peut-on en déduire que cette sorosite est parvenue à peser sur le contenu de cette loi, jusqu’à influencer le Conseil d’Etat et le Premier ministre ?

TI 01

En novembre 2013 en effet, Transparency International publiait un rapport intitulé « Principes internationaux pour la législation sur les lanceurs d’alerte. Les meilleures pratiques pour des lois qui protègent les lanceurs d’alerte et soutiennent l’alerte dans l’intérêt général ».[4] Rédigé en anglais et financé par la Commission européenne, ce rapport est disponible sur le site de la section française de TI. Sans entrer dans les détails, plusieurs points qui figurent dans la proposition de loi de Yann Galut se trouvent déjà dans ce rapport (je dois cette découverte à un ancien collègue de la Fondation Prometheus, que je remercie infiniment).

Mais ce rapport lui-même est-il le fruit d’un intense « brainstorming » de Transparency International ? Le lecteur pourra se reporter à la page « remerciements » (voir capture d’écran récapitulative à la fin de cet article), et remarquera quelques noms connus. Comme à notre habitude, nous les passerons en revue, histoire de bien comprendre si Yann Galut, probablement à son insu, a servi de prête-nom à d’autres intérêts, auxquels Transparency International servirait potentiellement de vitrine.

  • Deux noms parlent d’eux-mêmes, sans que nous ayons à davantage les développer : la Stefan Batory Foundation, branche polonaise de l’Open Society, et l’Open Society Justice Initiative.
  • Blueprint for Free Speech : le directeur du projet international sur les lanceurs d’alerte de cette ONG est Mark Worth, déjà mentionné dans notre article sur la PPLAAF – dont il est membre. Nous notions qu’il occupait un poste similaire chez la sorosite Transparency International.
  • Commonwealth Human Rights Initiative. Entre le 14 juillet 2015 et le 24 mai 2016, l’Open Society – via ses diverses branches – a accordé cinq subventions à cette ONG.[5]

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CHRI 02

  • European Federation of Journalists (EFJ), que l’on voit très fréquemment reprendre et citer les travaux de l’Open Society (cf. recherches Google basiques). On notera que l’EFJ a participé à un rapport sur la couverture médiatique de la question ethnique & religieuse en Europe, dans le cadre d’un projet financé par la Commission européenne et l’Open Society.[6] Le rapport en question[7], outre l’EFJ, a pour rédacteurs la sorosite Article 19 et le Media Diversity Institute, que finance sans surprise l’Open Society.[8] L’EFJ a par ailleurs quatre partenaires : 1) Index on Censorship (financé entre autres[9] par l’Open Society), qui a le cynisme d’avoir Google (où investit la main gauche de Soros, le Soros Fund Management) en sponsor de ses Freedom of Expression Awards, alors que le Google (soutenu par la main droite de Soros, l’Open Society) cherche à pratiquer une censure à vaste échelle en prétendant combattre les « fake news » 2) Alliance for Lobbying Transparency and Ethics Regulation (Alter EU), que finance l’Open Society.[10] On ne pourra ici que saluer le génie de Soros, qui a le culot de financer des ONG qui luttent apparemment pour la transparence et contre le lobbying alors qu’il est lui-même un lobbyiste qui a fait sa fortune grâce à l’opacité du offshore 3) European Youth Press (EYP). Si l’Open Society n’en est pas partenaire, il faut remonter au niveau N+1 : parmi les partenaires de l’EYP se trouvent a) Think Young, financé par l’Open Society[11] b) Mapping Media Freedom, qui a pour partenaires[12] l’EFJ, l’Index on Censorship, la sorosite Reporters Sans Frontières, l’European Centre for Press & Media Freedom (ECPMF, lui-même soutenu[13] par Journalismfund.eu[14] que finance l’Open Society et le GIJN, etc. – vaste nébuleuse, là encore) c) Debating Europe, soutenu entre autres par Google et l’Open Society (cf. bas de page du site[15]) d) d’autres organisations dont sont partenaires des sorosites, comme Café Babel[16], soutenu par la Fondation Charles Léopold Mayer, ou Hostwriter, soutenu par Reporters Sans Frontières[17], ou encore Kontax[18], soutenu par la chaîne africaine DroitLibre TV, elle-même soutenue par OSIWA (Open Society Initiative for West Africa, voir capture d’écran ci-dessous) 4) L’European Trade Union Confederation (Confédération européenne des syndicats).
EFJ 01

Rapport de l’EFJ dans le cadre d’un projet financé notamment par l’Open Society.

EFJ 02

L’EFJ en compagnie de deux sorosites pour ce rapport.

MDI

L’Open Society finance le Media Diversity Institute.

Index on Censorship

L’Index on Censorship.

Alter EU

ALTER-EU

Think Young

Think Young

Debating Europe

Debating Europe

DroitLibre TV

DroitLibre TV, soutenu par OSIWA. Une précision qui n’apparaît que par le moteur de recherche.

  • Government Accountability Project. Le dernier rapport annuel en ligne date de 2012[19] et rapporte que la majeure partie des fonds provenaient de l’Open Society, du Rockefeller Family Fund, et de la Nathan Cummings Foundation.
GAP

Government Accountability Project

  • K-Monitor Watchdog for Public Funds.[20] Cette ONG (voir bas de page, capture ci-dessous) reçoit aujourd’hui des fonds de la part de la Commission européenne, de l’Open Society, du Trust for Civil Society in Central and Eastern Europe (financé par Soros…[21]), ou encore des Norway Grants (branche de la sorosite EEA Grants, dont nous avons déjà parlé dans l’un de nos articles sur la crise des migrants). Une recherche par la Wayback Machine nous apprend par ailleurs (voir bas de page, seconde capture ci-dessous) qu’encore récemment, K-Monitor était également financée par le chapitre hongrois de Transparency International.
K-Monitor 01

K-Monitor en mars 2017

K-Monitor 02

K-Monitor en décembre 2016

  • Open Democracy Advice Centre, financé par l’Open Society.
  • Project On Government Oversight, financé par l’Open Society.[22]
  • Whistleblower-Netzwerk. Cette ONG n’est pas directement liée à l’Open Society. On mentionnera toutefois son vice-président Johannes Ludwig[23], membre du Conseil d’administration de l’ONG Correct!v aux côtés de Stephanie Hankey, qui a par le passé travaillé avec l’Open Society. On trouve également Hankey chez Transmediale[24], aux côtés de la présidente du Whistleblower-Netzwerk, Annegret Falter.[25] Correct!v est membre du GIJN[26] et a notamment reçu, en 2016, des fonds de l’Open Society, de Google, et de Journalismfund.eu.[27]
Correctiv

Correct!v

  • Whilstleblowers Australia, qui renvoie vers son site frère du même nom, dirigé par Brian Martin, vice-président et directeur international de l’ONG. Le 26 octobre 2009, Martin publiait « Learning from Soros ? », un billet élogieux à l’égard du milliardaire, où il invitait les chercheurs en sciences sociales à s’inspirer des réflexions et des travaux de celui-ci.[28]
  • Yemeni Observatory for Human Rights (YOHR).[29] Cette ONG est partenaire du Natural Resource Governance Institute (NRGI, ex-Revenue Watch Institute qui a financé Transparency International en 2008) de Soros.[30] L’un des membres du YOHR, Abdel Qadir Al Banna, est membre pour 2016-2019[31] de la sorosienne EITI / ITIE (Initiative pour la Transparence des Industries Extractives).

Au-delà de ces ONG, des particuliers sont remerciés, parmi lesquels :

  • AJ Brown, présenté comme professeur à la Griffith University. Mais il est aussi membre du Bureau directeur de Transparency International Australia.[32]
  • Chris Moll[33], membre du Bureau de Transparency International aux Pays-Bas, et fondateur de Lexchange, une entreprise de conseil centrée sur les questions de gouvernance et de renforcement de capacités, et qui travaille notamment dans une perspective business et avec des ONG[34] (la transparence est en effet aussi un segment de marché).
  • Auwal Ibrahim Musa, du Civil Society Legislative Advocacy Centre, une ONG nigériane affiliée[35] à la branche nationale de la sorosienne EITI. Au moins trois de ses partenaires sont des sorosites : Transparency International, OXFAM, TrustAfrica[36].
  • Anna Myers, intervenante pour une conférence[37] de l’Open Society du 15 juillet 2015 qui portait entre autres sur les lanceurs d’alerte – aux côtés d’autres personnes, notamment le barbouzoïde Morton Halperin que l’on avait déjà vu chez la sorosite ONE.
  • Julio Bacio Terracino, responsable à l’OCDE, mais aussi ancien consultant pour Transparency International.[38]
  • Wil Vandekerckhove de l’Université de Greenwich, dont Anne Myers nous recommande apparemment les compétences (ce petit monde de la « société civile »).[39]

Wim V

***

Récapitulons (en ne tenant compte que des liens avec l’Open Society :

Remerciements

Devra-t-on baptiser la protection des lanceurs d’alerte en France « loi George Soros » ?

Thibault Kerlirzin

Notes :

[1] http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/14/propositions/pion3607/(index)

[2] https://www.transparency-france.org/wp-content/uploads/2016/04/ppl_yann_galut_relative_a_la_protection_des_lanceurs_dalerte_031215-1.pdf

[3] https://transparency-france.org/project/proposition-de-loi-globale-relative-a-protection-lanceurs-dalerte/

[4] https://transparency-france.org/wp-content/uploads/2016/03/whistleblower_principles_novembre-2013_EN.pdf

[5] http://www.humanrightsinitiative.org/content/foreign-contribution

[6] http://europeanjournalists.org/mediaagainsthate/getting-the-facts-right-reporting-ethnicity-and-religion/

[7] http://www.media-diversity.org/en/additional-files/documents/b-studies-reports/EJI_study_FINAL%20for%20Web.pdf

[8] http://www.media-diversity.org/en/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=20&Itemid=27

[9] https://www.indexoncensorship.org/financial-information/

[10] https://www.alter-eu.org/about/financing

[11] http://www.thinkyoung.eu/partners

[12] https://mappingmediafreedom.org/plus/index.php/about/

[13] https://ecpmf.eu/ecpmf/people-and-partners/consortium

[14] http://www.journalismfund.eu/

[15] http://www.debatingeurope.eu/

[16] http://www.cafebabel.co.uk/

[17] https://hostwriter.org/

[18] http://kontax.com/

[19] https://www.whistleblower.org/sites/default/files/GAP_2012_Annual_Report.pdf

[20] http://k-monitor.hu/fooldal

[21] http://www.ceetrust.org/about-us/founders.html

[22] http://www.pogo.org/about/annual-reports/

[23] http://www.whistleblower-net.de/uber-uns/vorstand/

[24] https://transmediale.de/content/stephanie-hankey

[25] https://transmediale.de/content/annegret-falter

[26] https://correctiv.org/en/correctiv/board-trustees/

[27] https://correctiv.org/en/correctiv/finances/

[28] http://www.bmartin.cc/pubs/comments/0910Soros.html

[29] http://www.yohr.org/

[30] http://archive.resourcegovernance.org/grants/partners

[31] https://eiti.org/sites/default/files/documents/eiti_members_registry_2016-2019.pdf

[32] https://www.griffith.edu.au/business-government/centre-governance-public-policy/staff/aj-brown

[33] https://www.linkedin.com/in/cpmoll/

[34] http://lexchange.co.uk/what-we-offer/

[35] http://cislacnigeria.net/

[36] http://www.trustafrica.org/Fr/a-propos-de-trustafrica/nos-bailleur

[37] https://www.opensocietyfoundations.org/events/whistleblowing-classification-and-us-public-interest-what-reforms-are-possible

[38] https://www.linkedin.com/in/jbacioterracino/

[39] https://www.linkedin.com/in/wimvandekerckhove/

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