Le journal Le Monde est une caisse de résonance des réseaux Soros. Il le prouve à nouveau avec un article qui défend le milliardaire, fléau des peuples et des nations. Après tout, on ne crache pas sur ses partenaires.

Le combat de Viktor Orbán contre George Soros et son Université d’Europe Centrale (Central European University – CEU), en Hongrie, aura servi de révélateur, une fois de plus. Des journalistes du Monde et de Libération se sont empressés de défendre le milliardaire, Homme de Bien, face à la Haine contre la Démocratie et la « société ouverte ». Le parti pris ne surprendra personne. Les actionnaires du Monde sont le millionnaire Mathieu Pigasse et les milliardaires Pierre Bergé et Xavier Niel ; ceux de Libération (après la période Rothschild, partenaire business[1] de Soros) sont les hommes d’affaires Bruno Ledoux et son ami milliardaire Patrick Drahi. Autant dire que ces deux journaux à la dérive (surtout Libération) jouent davantage, une fois de plus, un rôle de scribe de la finance que celui de sentinelles du peuple ou de glorieux représentants de la Charte de Munich des droits et devoirs des journalistes de 1971[2].

Sans être exhaustif :

  • Le ton de l’article du Monde, « George Soros, un ennemi idéal »[3], est donné : « […] Le Vieux Continent n’a pas évolué comme George Soros l’avait imaginé. Après une phase de démocratisation et de libéralisation accélérée, il s’est mué en berceau d’une « démocratie illibérale » autoritaire et nationaliste. » Et Soros, déplorent les pigistes, d’être désigné « comme un ennemi bien commode » par plusieurs pays d’Europe : Roumanie, Pologne, Bulgarie, Macédoine, Russie, Hongrie.
  • On appréciera les éléments de langage aseptisés, comme « les plus véhéments suspectent Sors de se livrer au regime change» : rien de suspect là-dedans puisque Soros l’a lui-même revendiqué[4].
  • Le Monde rapporte ensuite de belles « fake news » d’Aryeh Neier, fondateur de Human Rights Watch et président de l’Open Society de 1993 à 2012 : « Nous n’avons jamais voulu faire du regime change. Nous ne sommes en général intervenus qu’après la chute de l’URSS. En Ukraine, notre action a peut-être joué un rôle sur le long terme, mais il est impossible d’établir un lien direct de cause à effet. » Or l’interview de Soros sur CNN et les nombreux documents piratés, dont un mémo[5] instructif de 44 pages (plus particulièrement la partie « Civil Society Roundtable Meeting ») sur la subversion en Ukraine, disent le contraire.
  • « L’étonnante absence de transparence de la fondation a alimenté les fantasmes. Pour y remédier, elle assure son intention de publier la liste intégrale des financements distribués. » Quels fantasmes ? En l’occurrence, l’Open Society était soupçonnée de financer par exemple Black Lives Matter, et des documents leakés l’ont confirmé. Ces derniers ne sont en outre pas « des centaines », contrairement à ce qu’écrivent nos deux pigistes, mais plus de 2 500[6]. Par ailleurs, outre la « philanthropie », quid de la fortune faite par Soros en off-shore, via Quantum, en parallèle des financements à Transparency International (double pensée) ? Silence du Monde.
  • Grand moment de journalisme : nos pigistes soulignent que l’Open Society aurait rémunéré des membres de cabinets ministériels, et citent Aryeh Neier selon qui cela ne serait nullement « problématique », alors qu’il s’agit, si ce n’est de concussion, du moins d’une ingérence étrangère dans une rémunération sur fonds publics dans un pays souverain.

Le reste de l’article est du même acabit. Toutefois, même si Le Monde nous sert de boussole Sud, on notera avec plaisir que les pigistes sont plutôt bien documentés. C’est à la fois appréciable et problématique : Le Monde reste silencieux sur la promotion qu’il fait aux réseaux Soros, se contentant de rappeler le partenariat avec l’ICIJ (les Panama Papers), que finance Soros, et en « oubliant » que ce dernier fut également éclaboussé dans cette affaire. Aucune information gênante n’est mentionnée dans l’article.

Ethique journalistique douteuse ou simple omission ? Les deux auteurs de l’article sont Benoît Vitkine et Jean-Baptiste Chastand. Olivier Berruyer du site Les Crises a déjà eu l’occasion de démontrer le professionnalisme parfois « léger » de Benoît Vitkine (des – plus que – semi-fake news agrémentées  d’un parti pris très anti-Poutine déguisé en objectivité journalistique[7]), et les choix idéologiques de Jean-Baptiste Chastand peuvent largement se remarquer au travers de son activité sur Twitter[8].

Donnons / rappelons quelques informations complémentaires sur les liens du Monde avec l’Open Society (qui ne s’interroge à aucun moment sur le bien-fondé des critiques de Viktor Orbán) :

  • « Les Décodeurs » du Monde (déjà pulvérisés, là aussi notamment par Olivier Berruyer, et à plusieurs reprises) sont partenaires de First Draft, où une douzaine de partenaires appartient aux réseaux de l’Open Society ou ont Soros pour actionnaire, à l’instar de Facebook et de Google.
  • L’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) est l’un des partenaires du Monde, section Afrique[9]. Présentation, morceau choisi : « OSIWA […] se félicite de la création du site Le Monde Afrique, qui va participer à la diffusion d’une information indépendante sur le continent. Le partenariat avec Le Monde Afrique s’inscrit dans une volonté commune de promouvoir un débat libre et progressiste sur tous les enjeux économiques et sociopolitiques auxquels doit faire face l’Afrique de l’Ouest ». Mêmes travers que d’habitude : information « indépendante » par rapport à qui ou à quoi ? Comme nous l’avons déjà souligné, les sections africaines de l’Open Society (hors OSF Afrique du Sud) financent / sont partenaires de près de 250 organisations africaines. Indépendance ou mainmise sur les différents pans des sociétés africaines ? (question rhétorique)
  • Le Monde ouvre régulièrement ses colonnes à l’avocat William Bourdon, dont nous avons relevé la proximité (voire l’intimité) avec les réseaux Soros (qui financent Sherpa, l’ONG de Bourdon). L’une de ses dernières tribunes en date concerne la PPLAAF, à la composition ultra-sorosienne.
  • Le Monde rapporte depuis au moins dix ans, sans distance critique aucune, plusieurs rapports (« Bois de Sang »[10], Glencore[11], forêt au Cambodge[12], etc.) de Global Witness, à laquelle l’Open Society a donné plus de 14 millions de livres sterling (plus de 16 millions d’euros) en douze ans, au Conseil d’administration duquel on trouve Alexander Soros[13] (l’un des fils de George et également bailleur de fonds de Global Witness[14]) et Aryeh Neier[15]. GW est dirigée par Gillian Caldwell (réseaux Soros), et fut cofondée et anciennement présidée par Simon Taylor, toujours présent, qui lança la campagne « Publish What You Pay » avec Soros en 2002.[16]
gw-financement
Global Witness, une puissante ONG des réseaux Soros.
  • Le Monde se fait également le relai des rapports d’OXFAM, rarement critiqués ou mis en perspective. L’exemple du cas d’Areva au Niger est flagrant[17]. L’auteur de l’enquête est Anne-Sophie Simpere, d’OXFAM France. Problème : elle est aussi membre de la section indienne de la Fondation Samata, soutenue par l’Open Society[18], et de CEE ( e. Central and Eastern European) Bankwatch Network, anciennement financée par l’Open Society[19]. OXFAM France ne donne pas le détail complet de ses bailleurs de fonds privés (juste un ou deux noms, comme la Fondation Gates, autre partenaire du Monde Afrique…), mais cette ONG est très liée à l’Open Society, qui finance d’ailleurs plusieurs de ses branches[20].
  • Le Monde relaie les rapports de l’ONG Transparency International, que Soros finance depuis au moins 1999, pour un total de près de 4,5 millions d’euros, et qui n’est pas non plus mise en perspective au vu de ces informations, ni dans sa branche internationale, ni dans son chapitre français. On profitera d’ailleurs de ce billet pour attribuer un Point d’Opacité à Laurène Bounaud, déléguée générale de TI France (et déjà mentionnée dans notre article sur la sorosite Humanity in Action et notre conférence pour le Cercle Aristote) pour nous avoir bloqué sur Twitter en réponse à une taquinerie sur les liens entre Soros et les financements de TI, Humanity in Action et Finance Watch (dont l’un des administrateurs est Jacques Terray, vice-président de TI France).
Twitter Bounaud
Taquinerie.
LB Twitter
Post-taquinerie.

Plus simplement : le journal Le Monde, une fois de plus au service des puissants, n’effectue pas de travail critique sur George Soros mais le défend, en mettant gentiment sous le boisseau quelques faits qui pourraient en expliquer les causes au lecteur. Imaginez : « Journal dont les actionnaires sont des milliardaires, nous défendons l’Université d’Europe Centrale de George Soros, un autre milliardaire heureux d’avoir collaboré avec les nazis dans la spoliation des biens des Juifs en 1944[21], qui a fait sa fortune dans l’offshore et grâce à sa proximité avec les Démocrates (+16 milliards de dollars entre 2008 et 2016), affirme ne pas se sentir socialement responsable des conséquences de ses investissements, qui de la main droite ouvre les sociétés pour pouvoir y faire du business de la main gauche. Sa branche Ouest-Africaine OSIWA est le partenaire de notre section Afrique, créée par Serge Michel, cofondateur du Bondy Blog, financé par le passé par Soros. Nous relayons avec bienveillance les rapports des réseaux Soros : OXFAM, Global Witness, Transparency International, et ouvrons nos colonnes au très Soros-friendly William Bourdon. Nous sommes enfin partenaires des réseaux Soros pour traquer les fake news, intègres et irréprochables éclaireurs de conscience. »

D’une phrase : Le Monde, « chien de garde » de la philanthrocratie, est une caisse de résonance des réseaux Soros.

***

Libération ne mérite que quelques lignes. L’article n’est – selon nous – pas plus honnête que celui du Monde. L’auteur Estelle Pattée nous cite un doctorant : « Dès les années 1990, le président croate Tudjman trait ses opposants de « vendus à Juda ». Le Juda en question, c’était déjà Soros qui, selon Tudjman, finançait la subversion »[22]. L’information était pourtant facile à vérifier. Soros dans le texte : « Il est nécessaire de mobiliser la société civile pour assurer des élections libres et équitables, car de nombreuses forces à l’œuvre tentent de les falsifier ou de les empêcher. Nous avons fait de même en Slovaquie du temps de Meciar, en Croatie du temps de Tudjman, et en Yougoslavie du temps de Milosevic. »[23] On pourrait mentionner que William Bourdon est coprésident de la Société des lecteurs de Libération depuis décembre 2006, mais cela n’a probablement aucune incidence – sans ironie, pour le coup – sur la « profondeur » de l’article et le traitement réservé à Soros[24].

Bref, deux articles de journaux au service du peuple de la part de représentants chevronnés du « quatrième pouvoir ».

Bonus Soros Connection : les deux titres auxquels vous avez échappé pour cet article :

  • « Le viol des foules par la propagande journalistique » (trop copié sur Tchakhotine).
  • « Chronique de la servitude volontaire » (trop copié sur La Boétie).

Thibault Kerlirzin

Notes

[1] http://www.heliostowersafrica.com/Investors.aspx

[2] http://www.snj.fr/content/d%C3%A9claration-des-devoirs-et-des-droits-des-journalistes

[3] http://www.lemonde.fr/international/article/2017/04/07/george-soros-l-ennemi-ideal_5107600_3210.html

[4] https://www.youtube.com/watch?v=l0Jtv6HEWQ4

[5] http://45eq7vmb9bj1ratu11zv1p19.wpengine.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2016/08/Ukraine-Working-Group-2014-gs-ukraine-visitmarch-2014notes.pdf

[6] http://soros.dcleaks.com/

[7] http://www.les-crises.fr/linformation-vue-par-benoit-vitkine-du-monde-12/ & http://www.les-crises.fr/linformation-vue-par-benoit-vitkine-du-monde-22/

[8] https://twitter.com/jbchastand

[9] http://www.lemonde.fr/partenaire-osiwa/

[10] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/07/15/centrafrique-le-commerce-de-bois-a-t-il-alimente-la-guerre_4683280_3212.html

[11] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/03/en-rdc-le-geant-minier-glencore-soupconne-de-malversations-avec-un-proche-de-joseph-kabila_5088746_3212.html

[12] http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2007/09/03/les-forets-du-cambodge-mises-en-coupe-dereglee_950599_3216.html

[13] https://www.linkedin.com/in/alexandersoros

[14] https://www.globalwitness.org/fr/donate-two/our-supporters/

[15] https://www.globalwitness.org/fr/about-us/advisory-board/

[16] https://www.globalwitness.org/fr/about-us/board-directors/

[17] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/11/22/l-ong-oxfam-denonce-un-partenariat-desequilibre-entre-areva-et-le-niger_3518474_3212.html

[18] http://www.samatafoundation.org/about-us-samata/about-us-page/our-team/80-about-us.html

[19] http://bankwatch.org/about-us/donors-finances

[20] http://www.fondation-prometheus.org/wsite/publications/newsletter/octobre-2016/oxfam-et-lopen-society/

[21] https://www.youtube.com/watch?v=jqcvahTXm_4

[22] http://www.liberation.fr/planete/2017/04/13/george-soros-l-epouvantail-des-democratures_1561989?xtor=rss-450

[23] http://www.theglobeandmail.com/news/world/georgia-revolt-carried-mark-of-soros/article1025162/page2/

[24] https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Bourdon#Autres_.C3.A9l.C3.A9ments_biographiques

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s